Me voici de nouveau chers amis, Truman Crapote, pour vous raconter un nouveau chapitre de l'histoire du crapotage.
Cette fois, il s'agira du fameux épisode où les catégories populaires se prirent en main, et inventèrent un moyen de s'éduquer par elles-mêmes, au moyen d'un jeu mystérieux, qui s'appellera "la crapote".
Pour comprendre ce phénomène, il faut revenir sur le contexte d'apparation de la crapote. Les premiers résumés de parties ont été découverts à la fin du XIXe siècle. On suppose donc que l'idée de ce jeu a germé pendant la deuxième moitié de ce siècle, sachant que ces écrits témoignent d'un développement important des schèmes, d'une complexité des motifs, d'un raffinement des tournures et des règles invoquées : distinction de l'international et du national, avec prise en compte des conflits éventuels qui pourraient invalider les réglements internationaux, ou alors prises de positions en faveur du protectionnisme ou du libre-échange.
Pendant la première moitié du XIXe, on a vu dans la plupart des pays européens se réaliser un "take off", décollage économique, accompagné d'une croissance soutenue, et d'un développement technique. L'exode rural a offert à l'industrie naissante une main d'oeuvre à peu de frais. Les ouvriers ont subi des conditions de travail très dures : 14 à 16h de travail par jour, aucune protection sociale et des accidents fréquents.
Face à cet état de fait, partout en Europe est apparu un mouvement ouvrier. En France, les premiers syndicats ont vu le jour officiellement à la fin du XIXe : CGT, bourse du travail, etc... Pour comprendre cette apparition, ainsi que la raison pour laquelle le socialisme a été majoritaire, il faut se pencher sur l'apparition du crapotage.
En fait, on trouve des signes d'une crapote antérieure à l'apparition du syndicalisme ouvrier : dans certains cafés londoniens ou berlinois, on a retrouvé des documents datant de 1850, révélant l'existence d'accords multi-polaires entre la Flandre et la Hollande, qui n'ont un sens que si l'on se réfère à la crapote économique et sociale : on suppose que les ouvriers ont utilisé ce jeu pour simuler la façon dont l'industrialisation se produisait et "faire comme si" ils avaient un contrôle sur cette révolution.
Exemple de traité multi-polaire : "Je place ton industrie textile à Manchester et Berlin pour créer des tensions sociales à Londres et crapoter ta capitale. Si tu continues à briser mon lien social dans l'échelle 6 de Richter tu auras affaire à mes scientifiques hégéliens."
Cette façon de faire des traités ainsi, correspond exactement à la volonté de planification inhérente à l'idéologie socialiste. Ainsi, Durkheim, dans son étude sociologique de cette pensée, écrivait : "On appelle socialiste toute doctrine qui réclame le rattachement de toutes les fonctions économiques, ou de certaines d'entre elles qui sont actuellement diffuses, aux centres directeurs et conscients de la société."
On voit d'ores et déjà pourquoi les proto-crapoteurs ont été pour beaucoup des socialistes, et pourquoi les ouvriers ont été attirés par ce courant, et il suffit de citer Durkheim une fois de plus pour voir d'où vient cette idée de contrôle rationnel de l'économie et la société :
"Loin d'être un retour en arrière, le socialisme, tel que nous l'avons défini, paraît bien plutôt impliqué dans la nature même des sociétés supérieures. Nous savons, en effet, que, plus on avance dans l'histoire, plus les fonctions sociales, primitivement diffuses, s'organisent et se socialisent. L'armée, l'éducation, l'assistance, les voies de communication et de transport, etc., ont déjà subi cette transformation et, dans le livre déjà cité, nous avons essayé de prouver qu'elle était nécessitée par les changements qui se sont parallèlement produits dans la constitution du milieu social. Si donc les conditions fondamentales dont dépend le développement historique continuent à évoluer dans le même sens, on peut prévoir que cette socialisation deviendra de plus en plus complète et qu'elle s'étendra peu à peu aux fonctions qu'elle n'a pas encore atteintes. On ne voit pas par suite de quel privilège les fonctions économiques seraient seules en état de résister victorieusement à ce mouvement"
En constatant l'évolution du monde et de leur quotidien, les ouvriers ont donc joué dans leurs moments de détente, à triompher contre leurs adversaires grâce à tout ce qui constituait leur environnement extérieur. La socialisation des fonction sociales leur a donné de plus en plus le sentiment d'avoir le monde à portée de main, et ils ont ainsi compris le fondement même de la crapote : la pratique humaine comme pratique de l'homme total sur le monde total. Ainsi, Marx a écrit dans ses thèses sur Feuerbach : " La question de savoir s'il y a lieu de reconnaître à la pensée humaine une vérité objective n'est pas une question théorique, mais une question pratique. C'est dans la pratique qu'il faut que l'homme prouve la vérité, c'est-à-dire la réalité, et la puissance de sa pensée, dans ce monde et pour notre temps. La discussion sur la réalité ou l'irréalité d'une pensée qui s'isole de la pratique, est purement scolastique."
On comprend alors facilement le phénomène de la crapote à ses débuts, et son apport en terme de syndicalisme et au sein du mouvement ouvrier : notamment l'idéal d'émancipation individuelle et collective de l'humanité.
Mais nous verrons que la crapote ne s'est pas limité à des manifestations ouvrières sordides, et que l'apport des barons de l'école autrichienne est inestimable pour une crapote moderne et véritable.
vendredi 28 décembre 2007
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